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15 janvier 2010publié à 12:46

Le temps du doute

Si l'on en croit la rumeur (populaire, médiatique), le thème de l'innovation — qui semblait promis à grand avenir — ne sera plus abordé de la même manière dans les années à venir. Pour preuve, le traditionnel cortège d'annonces à propos des nouveautés technologiques présentées lors du Consumers Electronics Show qui s'est tenu le week-end dernier à Las Vegas, est cette fois ponctué d'incertitudes, de perplexité, voire de défiance. « La tablette tactile retente sa chance en 2010 » titrait austèrement le Figaro dans ses pages Technologies ; là où il y a quelques années seulement, on aurait parlé de révolution numérique.

Flickr, ThinhHoang

Cette précaution d'usage, si je puis dire, en dit long sur la méfiance qui accompagnera désormais toute invention high tech. Depuis quelques mois, cette suprématie de l'innovation (purement technologique) s'est vue brutalement concurrencée par de nouvelles ambitions plus modestes et plus pratiques à la fois, basées sur les véritables usages des consommateurs et sur la notion de service — parfaitement imposée concrétisée par les Iphone Apps… Souvenons-nous que nous sommes d'abord une société de service (1).

Nous irions ainsi progressivement vers une innovation plus « réfléchie » (plus lente donc), incluant le temps du doute dont nous parlions ici il y a quelques jours. En quelque sorte, une innovation plus cartésienne (2), mais également plus lucrative.

Très belles années 10 à vous !

(1) Développer la notion de service, tant délaissée depuis l'invention du web, permettrait très naturellement d'associer un prix à ce service.

(2) La méthode de Descartes commence en effet par la mise en doute systématique de toutes les connaissances qui nous semblent à priori évidentes.

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