15 novembre 2009publié à 12:23
Depuis la nuit des temps, la valeur d'une « chose » — un outil, un service, un média — a toujours été directement liée à son usage, ou plus exactement au succès de son usage, autrement dit à la qualité de son ergonomie — science consistant en quelque sorte à joindre l'utile à l'agréable (1).
Les « nouveaux » médias — à la fois outil, service et média — n'échappent bien évidemment pas à cette règle ; l'ergonomie y est plus qu'ailleurs le cœur du problème (là où se trouve la solution). Concentrés autour de l'usage, les succes story de l'Iphone et de la Wii, pour ne citer qu'eux, pourraient faire réfléchir certains investisseurs, notamment ceux de la presse en ligne touchée de plein fouet, justement par un problème d'usage et de valeur (de l'information).

Flickr, Meltingnoise
Mais au contraire, la plupart d'entre eux (2), confondant vitesse et précipitation, placent par défaut les bénéfices attendus (à court terme) au centre de leur préoccupation. Dans un geste suicidaire, ils oublient cette règle d'or du commerce : la valeur d'une « chose », c'est à dire le prix que le consommateur est prêt à payer pour l'acquérir, est directement liée à son usage, c'est à dire au confort que le consommateur en attend…
Dans la presse en ligne comme ailleurs, l'innovation (tendance lourde du moment) est à ce prix, si je puis dire... Plus une réunion stratégique sans que quelqu'un ne posent la question préliminaire : « Y-a-t-il un ergonome dans la salle ? ».
(1) L'ergonomie s'entend ici dans son sens le plus fort, c'est à dire à la fois, à la surface — ce que voit l'utilisateur, l'agréable — et en profondeur — les fonctionnalités offertes, l'utile.
(2) A ce propos, signalons que les acteurs du secteur font le plus souvent partie du fameux trio « annonceurs – agences - régies », alors que les véritables succès sont signés par des concepteurs de produits (Apple, Microsoft, Sony) possédant une forte culture de l'ergonomie. A méditer !