20 février 2009publié à 17:41
Tout a commencé à l'arrière d'un taxi. C'était au tout début des années 2000. Nous étions ébahis par ce qui se déroulait là sous nos yeux, juste au-dessus du taximètre. Nous découvrions les premiers terminaux GPS (Global Positioning System) espionnant sans scrupule nos plus petites virées — souvent nocturnes. Un point rouge (nous) se déplaçait sur l'écran, tournait à droite, attendait au feu rouge, s'arrêtait devant chez nous : nous étions suivis, protégés (1).
Bref, ce nouvel instrument de navigation (2) est désormais en vente dans les grandes surfaces à partir de 99 euros. Plus pour très longtemps… Ce type de terminal GPS archaïque (monomédia) vit peut-être déjà ses derniers instants de gloire — good bye Tom-Tom — du fait de l'arrivée imminente des smartphones intégrant par défaut les fonctionnalités de géolocalisation en réseau — dont le très attendu Google Phone, nouvelle lampe d'Aladin (sortie prévue en France, avril 2009).

Flickr, Brendan Wilkinson
Ce mode de recherche (par carte) s'apparente particulièrement bien au quotidien du nomade solitaire — ce pourrait être la forme future ultime de toute navigation. Partir d'une carte pour aboutir à un contenu, quelle que soit sa forme : information, service ou communauté. Ressentir avant tout la présence physique de la cible — info, outil ou ami… La mondialisation méritait bien ça...
Dans ces conditions, les marques revendiquant des services de localisation — toutes les marques en réalité — devraient de manière urgente intégrer cette forme d'ergonomie dans leurs services mobiles sous peine d'être bien vite estampillées « années 2000 », l'ère préhistorique.
Du fait de la taille maximum d'un écran mobile — de la taille de nos doigts —, un dessin vaudra toujours mieux qu'un long discours.
(1) Conséquence directe : certains chauffeurs de taxi ne connaissent même plus les noms des rues. D'ailleurs, les connaissaient-il avant ? Chacun sait que même « les maitres du monde » sont nuls en géographie — 65% des jeunes américains ne savent pas où se situe l'Europe sur une mappemonde, pire, 11% ne peuvent même pas situer leur propre pays.
(2) Notons que la dernière vulgarisation d'instruments de navigation (boussole, compas, sextant,…) datent de la fin du XVe siécle et a ouvert à l'Europe bien plus que la route des épices.