08 avril 2009publié à 15:00
Alors que la question du pouvoir d'achat — première préoccupation des Français — occupe une place centrale dans le débat public, la vogue du low-cost déclenchent désormais un intérêt bien au-delà de sa cible naturelle ; décomplexés, les riches ne snobent plus les rayons discount — ils s'y adonnent même, par jeu, militantisme ou « simple » avarice. Autant dire que durant le grand combat de boxe que se livre les marques en cette période de crise, les « coûts bas » sont désormais permis.
Développé à l'origine (1) par les compagnies aériennes à bas prix et par la grande distribution, le low cost — ce populisme de la consommation — s'infiltre et émerge peu à peu dans tous les secteurs d'activité : banques en ligne, médicaments génériques, voitures low-cost, logiciels libres, hôtels Formule 1, Ikea , presse gratuite, livres à 2 euros, fournisseurs , prêts-à porter… jusqu'aux plus inattendus.

Flickr, Remi Sharp
Ce modèle économique — pronée dans un rapport ministériel comme une « piste à suivre » — est en train de devenir le modèle dominant en raison des effets combinés 1. de la crise — financière, économique, morale voire mentale —, 2. de la pression de l'Asie, et 3. du modèle de gratuité initié par Internet.
A ce propos, faut-il rappeler que le modèle Internet — basée sur des coûts de reproduction quasi-nuls du fait de la dématérialisation du produit — est par nature un modèle low-cost… ? Il est même LE modèle low cost par excellence : suppression des points de vente, optimisation des coûts (fixes et variables), communication et C.R.M à moindre frais, culte du management…
Ainsi, Google — qui n'a que 10 ans — est aujourd'hui pour beaucoup l'unique modèle de développement et de management adapté aux enjeux de ce siècle. On le constate chaque jour, cette forme de « gouvernance low cost » s'installe — et s'installera durablement — dans toutes les sphères, à commencer par celles de la Maison Blanche. Et ce ne peut être qu'un bien…
(1) Initié aux USA dès l'après-guerre, le low-cost n'est apparu seulement en Europe que vers la fin des années 80. Précurseurs, les « produits libres » de Carrefour firent leurs premières apparitions dès 1976, suivis bien plus tard par le lowcoster chypriote Easygroup.